
Grâce au couvreur, le ciel ne nous tombe pas sur la tête ! Spécialiste de la construction et de la réfection des toits , c'est lui qui nous met à l'abri des intempéries (pluie, neige, grêle, vent... ou soleil accablant). Un poste clé dans le bâtiment.
Église, entrepôt, maison individuelle ou immeuble... le toit est réalisé une fois la charpente terminée. Pour intervenir sur l'édifice en construction, le couvreur doit mettre en place les échafaudages et les dispositifs de sécurité, et acheminer le matériel sur le chantier.
Avant de s'attaquer à la toiture, l'ouvrier fixe les liteaux - des lattes de bois qui supporteront la couverture - sur la charpente. Il prépare le plâtre, le ciment, le sable et la chaux nécessaires pour les raccords et les scellés.
Conformément aux indications du plan, les matériaux sont coupés et posés. Ils doivent être ajustés au millimètre près pour garantir l'étanchéité du toit. Ardoises, tuiles, verre, plastique, lauzes, chaume, zinc, tôle, aluminium, cuivre ou plomb, à chaque matériau correspond une technique de pose et un outillage.
Le couvreur installe ensuite les accessoires qui permettront d'assurer l'évacuation des eaux de pluie (chéneaux, gouttières), les éléments ornementaux (girouette, coq d'église) ainsi que les lucarnes. Il assure également le raccord de souche de cheminée et l'isolation thermique.
Comme nombre d'ouvriers du bâtiment, le couvreur assure non seulement la réalisation, mais aussi l'entretien et les réparations. Des tuiles arrachées par la tempête, un chaume qu'il faut remplacer, des infiltrations... et on l'appelle à la rescousse. Certaines réparations peuvent d'ailleurs relever de la restauration d'art, notamment sur les édifices classés monuments historiques.
Le métier de couvreur est l'un des plus vieux du monde. Aussi les techniques et les matériaux utilisés par les professionnels sont-ils parfois très anciens.
Entre tradition et modernité
On parle du couvreur, mais on pourrait parler des métiers de la toiture tant est vaste la palette des matériaux et des procédés utilisés, sans parler des nombreux styles représentés, du plus traditionnel au plus moderne. Signature de l'édifice, âme de la construction, le toit est parfois un véritable chef-d'oeuvre. Il s'agit alors, pour le professionnel, de faire rimer beauté et... étanchéité.
Sous l'autorité du chef de chantier, le couvreur salarié travaille en équipe, tout en bénéficiant d'une réelle autonomie. Lorsqu'il est artisan, il peut combiner plusieurs activités pour élargir ses débouchés : couverture et plomberie ou couverture et chauffage, par exemple. Ou encore se spécialiser dans un matériau, une technique. Ainsi, s'il est couvreur-ardoisier, il peut utiliser l'ardoise pour des créations esthétiques ou pour restaurer des bâtiments classés. S'il est couvreur-zingueur, il peut assurer une étanchéité définitive sur certains points du toit, tels la cheminée ou le châssis.
De même que chaque région s'inscrit dans une tradition (les lauzes dans les Cévennes, les ardoises en Bretagne...), le couvreur adapte son travail à la nature du bâtiment. On ne couvre pas de la même façon une église qu'un entrepôt, une maison individuelle qu'un immeuble.
Accroupi ou agenouillé, le couvreur travaille toujours dehors, par tous les temps, été comme hiver. Encordé et harnaché tel un alpiniste pour éviter la chute, il opère à des hauteurs parfois vertigineuses et dans des positions souvent inconfortables. Dans ce métier, le risque d'accident est réel : prudence et respect absolu des consignes de sécurité passent avant tout.
Le goût du risque
À la fois technique et esthétique, la profession requiert une culture de métier. Il faut connaître tous les matériaux et procédés de couverture, ainsi que les traditions régionales. Savoir adapter leur utilisation au climat. Des connaissances en géométrie, en métré et en dessin permettent par ailleurs au professionnel de tracer les plans, de calculer la hauteur de recouvrement des tuiles l'une sur l'autre selon la pente du toit et de déterminer le nombre de rangées. C'est un travail minutieux : tout doit être ajusté au centimètre près pour garantir l'étanchéité.
Le travail en hauteur exige naturellement de l'habilité, de la souplesse, d'excellents réflexes et le sens de l'équilibre. Enfin, l'esprit d'équipe et le sens des responsabilités sont des qualités très appréciées par les employeurs.
Des débouchés assurés
Qu'ils soient spécialisés dans un matériau (zinc, ardoise, chaume...) ou qu'ils combinent plusieurs activités, les couvreurs n'ont aucun souci à se faire. Le travail ne manque pas dans cette profession. Les entreprises du bâtiment recherchent de plus en plus des ouvriers polyvalents. Opter pour la double compétence est un choix judicieux. Dans les petites agglomérations, en effet, le couvreur est souvent amené à réaliser de menus travaux de plomberie, de chauffage ou d'électricité en plus de la réfection des toits.
La progression de carrière est relativement aisée. Après quelques années d'expérience, un couvreur peut évoluer vers les fonctions d'ouvrier hautement qualifié, puis, selon ses compétences, avoir la maîtrise du chantier. Dernière option : s'installer à son compte comme artisan, à condition de connaître les bases de la gestion et de la comptabilité.
